Omra hadj

Arabie Saoudite : les femmes autorisées à faire le petit pèlerinage sans un mahram

icône crayon 01/11/2022

L’Arabie Saoudite s’est toujours montré intraitable envers le deuxième sexe. Les femmes ne pouvaient assister aux pèlerinages sans un mahram (un accompagnateur masculin). Une réforme en faveur des droits de la femme change cependant la donne et souffle un vent de renouveau dans le pays.


Les restrictions avant la réforme gouvernementale
Une série de restrictions encadrait les activités religieuses féminines. Les femmes de moins de 45 ans ne pouvaient se rendre ni au Hajj ni à la Omra (des pèlerinages à la Mecque) sans une présence masculine (son époux ou un parent proche). Cette même tranche d’âge n’était nullement autorisée à assister aux évènements religieux sans un groupe de pèlerins. Ces mesures excluent les femmes de plus de 45 ans.
Avant d’obtenir une approbation, les candidatures féminines au Hajj et les demandes de visa pour l’Arabie Saoudite, étaient l’objet d’une inspection minutieuse.


Levée de l’interdiction de pèlerinage des femmes sans mahram
Au milieu de 2021, le Dr Tawfiq Al-Rabiah, ministre du Hajj et de la Orma en Arabie Saoudite, fait une déclaration, à l’occasion d’une conférence de presse au Caire : « Les femmes de moins de 45 ans peuvent assister au pèlerinage sans un mahram ».
Un rêve pour les unes, un miracle pour les autres, la proclamation suscite l’euphorie féminine généralisée. Certaines femmes se réjouissent de pouvoir accomplir le rituel de toute une foi, hors de leur domicile et sans les perturbations des hommes et des enfants. D’autres jubilaient à l’idée d’accomplir leur mission religieuse sans contrainte.
Une liberté conditionnelle
La nouvelle s’accompagne de conditions. Les femmes qui souhaitent participer aux pèlerinages se présentent en groupe de plusieurs femmes. Le gouvernement a aussi instauré des critères d’éligibilité. Sont autorisées à se rendre à la Mecque :
• Les femmes de 18 à 65 ans ;
• Les femmes en excellente santé physique et ne traînant aucune maladie chronique ;
• Les femmes n’ayant pas effectué de Hajj durant les 5 dernières années.
Le gouvernement priorise d’ailleurs les candidatures féminines qui en sont encore à leur premier pèlerinage. Chaque candidature entrera alors dans des procédures de filtrages. Les demandes seront examinées au peigne fin. Au terme du tri, les bénéficiaires obtiendront un numéro d’enregistrement.


Vers le début d’une autonomie féminine
Les réformes sociales se sont enchaînées depuis l’ascension au pouvoir du prince héritier du royaume Mohammed ben Salmane. Les changements se sont concentrés sur les droits des femmes. Les améliorations s’inscrivent dans une initiative d’amélioration de l’image ultraconservatrice du pays depuis des siècles.
Ces derniers temps, les femmes ont ainsi été autorisées à voyager, à conduire et à enregistrer la naissance de leurs progénitures sans un accompagnateur. Un projet de lutte contre la discrimination des femmes à l’emploi fait également une timide apparition.

 

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